« Le piège n’est pas dans le Qur’an. Il est dans la façon dont on le fait parler. »
Depuis des décennies, le débat sur « l’islam de France » se présente comme un ajustement nécessaire : islam progressiste, islam laïc, islam compatible. Mais cette fragmentation n’est pas un accident. Elle s’appuie sur une guerre sémantique où la traduction française du texte coranique opère un transfert idéologique massif.
Trois opérations discrètes suffisent à vider le Texte de sa cohérence : déplacer les temps verbaux, affadir les modalités, remplacer des racines actives par des abstractions. Le résultat : un Islam dépouillé de sa temporalité, de sa portée structurelle, fragmenté en « islams » gérables.