Pendant des siècles, les commentateurs ont décrit le Mahdi comme un réformateur politique attendu à la fin des temps. Chez Ibn al-ʿArabī (XIIIᵉ siècle), la question se décale : le Mahdi ne se réduit pas à une arrivée future. Il peut se lire comme un espace de vision déjà opérant — une fonction qui reconfigure la perception du réel.
Cette distinction repose sur un motif que les traditions mystiques connaissent intimement : la différence entre miroir psychologique et miroir ontologique.
Le miroir psychologique renvoie une image qu’on peut commenter, accepter, rejeter. Le miroir ontologique fait autre chose : il assigne une position dans la structure de la réalité. Et cette assignation transforme celui qui regarde.